Le microbiote

Le microbiote vient du Grec micro-«petit» et -biote «vie». On l’appelait auparavant la flore intestinale, c’est un peu notre petit jardin secret intérieur.

100 000 milliards de bactéries vivent dans notre intestin, soit 10 fois plus que de cellules dans notre organisme. Nous sommes un réel écosystème, avec de nombreuses « espèces » qui cohabitent et s’entraident.

Chaque individu a un microbiote spécifique, et il n’est pas comparable à celui de son voisin. Celui-ci est fragile. Nous allons évoquer notre intestin, que l’on appelle « le second cerveau » puis le microbiote à proprement parler : nos bactéries !

Le ventre notre deuxième cerveau

Peut-être même le premier cerveau… lorsque l’on observe un nouveau-né, ce n’est pas son développement cérébral qui l’informe de ses besoins primaires, mais son ventre ! La faim le réveille, les pleurs peuvent traduire des coliques ou des éructations…De nombreuses expressions de notre langue française sont liées à ce deuxième cerveau. Comme : Le ventre noué, la peur au ventre, l’estomac dans les chaussettes… toutes ces expressions témoignent du lien entre cerveau et intestin.

L’intestin est un organe intelligent, doté de neurones, tout comme le cerveau. Il y a 200 millions de neurones qui tapissent notre tube digestif. Cet intestin est très grand, 6.5m en moyenne et 250m² si déplié (la superficie d’un terrain de tennis !)

Ces deux systèmes nerveux sont reliés par le nerf vague et utilisent les mêmes neurotransmetteurs, donc le même langage ! Le ventre est alors en relation directe avec les émotions. La sérotonine, par exemple, entraîne la sensation de bien-être pour le cerveau, et au niveau du ventre, elle gère le système immunitaire. 95% de cette sérotonine va être produite et libérée dans le sang par l’intestin pour atteindre l’hypothalamus, qui gère nos émotions. Les bactéries de notre microbiote dialoguent avec nos cellules et donc, les messages influencent notre humeur.

Aussi quand la communication entre les deux cerveaux présente une anomalie, on constate des pathologies digestives, comme le syndrome du côlon irritable par exemple. Sans cause ni pathologie organique. Il est alors mis en lumière une défaillance entre nerfs et muqueuses, ainsi les neurones sont beaucoup plus sensibles chez ces malades.

microbiote

Le microbiote

Nous sommes un écosystème, nous avons plus d’ADN bactérien que d’ADN humain !!

Il faut savoir que plus riche est le microbiote, plus nous sommes en bonne santé, et inversement.

Ces « microbes » nous aident au quotidien, car ils agissent sur :

  • La digestion et l’absorption
  • La production d’acide gras à chaines courtes, qui sont anti inflammatoire
  • La production de vitamines K et de vitamines du groupe B
  • L’immunité (80% de nos défenses immunitaires sont dirigés par nos bactéries et découlent du microbiote)
  • Le cerveau en sécrétant des substances
  • La sécurité car elles permettent de déterminer ce qui est toxique pour notre corps

Chaque semaine des nouvelles études sont publiées sur ce sujet. Il existe, de nos jours, une baisse de la diversité de nos bactéries qui serait en lien avec des risques accrus de développer des pathologies chroniques telles que les maladies cardio vasculaires et le diabète. Et les résultats montrent l’influence des bactéries dans ces maladies.

L’INRA étudie le génome du microbiote (programme meta-ic) dans le but de déceler le rôle des bactéries dans l’obésité par exemple, l’étude a conclu que les sujets obèses présentaient des microbiotes affaiblis, notamment en souche akkermansia muciniphila.

Notre microbiote a changé au fil du temps à cause de plusieurs facteurs

L’alimentation

Plus l’alimentation a été industrialisée, plus le microbiote s’est appauvri, car nous consommons de moins en moins de fibres. Alors que ces fibres sont le substrat principal de nos bactéries.

Aussi, la présence de plus en plus fréquentes d’additifs alimentaires fragilise la diversité de notre microbiote. Comme le E433 E466 (additifs autorisés sur le marché) très utilisés pour ses qualités émulsifiantes mais qui entraîne des conséquences destructrices sur les bactéries intestinales.

Ce déficit de diversité bactérienne engendre des risques accrus de développer des pathologies chroniques.

Les antibiotiques

Certes, ils sont indispensables dans certains cas, mais attention à notre microbiote, ces prises d’antibiotiques peuvent nous faire perdre à jamais des souches de bactéries au sein de notre intestin. Les antibiotiques éradiquent les bactéries pathogènes mais aussi les non pathogènes. Il faut seulement mieux utiliser les antibiotiques sans en abuser.

Les césariennes

Les césariennes sont de plus en plus fréquentes, au brésil, ou en Chine par exemple, certaines villes affichent des taux de césarienne de 80 à 90%. Avec cette procédure, l’enfant n’avale pas les bactéries vaginales du trajet. Même si le bébé va par la suite développer son microbiote, en tétant, en étant en contact avec d’autres… il n’arrivera pas à rattraper la constitution qu’il aurait créé par voie basse. Et cela ne se compensera pas.

Il est actuellement à l’étude, de badigeonner le nouveau-né avec les bactéries vaginales. Il tète un échantillon prélevé dans le vagin de la mère afin de constituer sa flore.

Les projets et l’avenir

La greffe de microbiote

Nous comptons 29 000 morts aux USA chaque année de personnes atteintes par une bactérie résistante : le Clostridium difficile. Souvent après antibiothérapies, le clostridium profite de l’espace libéré dans la flore à la suite des traitements pour s’y installer.

Quand tous les traitements antibiotiques échouent, on propose alors cette technique de greffe fécale. Des selles humaines compatibles sont recueillies pour soigner des patients. Elles agissent alors comme un médicament, en 24h les patients sont guéris. Et ce avec un taux de réussite de 94% pour les porteurs de clostridium difficile, ce qui est spectaculaire (contre 30% avec antibiotiques). Des taux de succès impossible à atteindre avec aucun médicament. La transplantation se fait par voie rectale ou nasale (sonde naso-gastrique). Cette technique est aujourd’hui uniquement autorisée pour le clostridium difficile.

Fléau mondial : l’obésité

Comme les études le démontrent, les patients obèses présentent un microbiote affaibli. Le test sur les souris atteste que la transplantation d’un microbiote issu d’une souris saine engendre une perte de poids chez la souris obèse. Cette piste s’annonce très prometteuse, le cas est aussi valable pour le diabète.

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