Quelles sont les conséquences d’une consommation chronique d’alcool sur l’organisme ?

L’alcool, fréquemment consommée et fortement appréciée n’est pas sans conséquence sur l’organisme. De la consommation occasionnelle à la dépendance, l’alcool est présent chez la majorité des français puisque 87% d’entre eux déclarent en consommer au moins une fois par an.

23.6% des personnes entre 18 et 75 ans dépassent les repères de consommation journaliers (2 verres par jour).

Ces chiffres révèlent donc une omniprésence de l’alcool dans notre quotidien.

Mais quand est-il des conséquences sur notre organisme ?

Le cerveau

Le cerveau est l’une des victimes premières d’une surconsommation d’alcool.

L’alcool agit comme un narcotique sur le cerveau. Dans un premier temps il crée un état d’euphorie puis rapidement il mène à un état de somnolence et d’engourdissement. A long terme, et avec une consommation quotidienne moyenne de six verres par jour, certaines cellules vont peu à peu disparaître, c’est ce qu’on appelle « la perte de tissu cérébral ». Cette perte entraîne une réduction du cerveau.

Plus spécifiquement, l’alcool agit sur des zones particulières du cerveau :

  • Cortex frontal : Cette zone est le siège des fonctions cognitives supérieures comme le raisonnement, les fonctions exécutives, le langage, la mémoire de travail.
    Ce cortex, altéré par une consommation chronique d’alcool induit ainsi une baisse des capacités intellectuelles et une désinhibition.
  • Hippocampe : Joue un rôle majeur dans la mémoire et la navigation spatiale. Ainsi, ce dernier est directement touché que ce soit en état d’ivresse totale (amnésie) ou bien à long terme (perte progressive de la mémoire et difficulté de se rappeler de certaines choses).
  • Le cervelet : Il contrôle la motricité et joue un rôle dans certaines fonctions cognitives. Il est fréquent d’observer un manque d’équilibre et de coordination chez une personne ayant consommé une importante quantité d’alcool. Ce déséquilibre est un facteur favorisant les accidents notamment sur la voie publique.
  • Le tronc cérébral : joue un rôle essentiel dans des fonctions primaires comme la respiration ou bien les pulsations cardiaques. Lors d’une surconsommation d’alcool, il arrive d’observer une perte de conscience, induisant une anesthésie de cette région. Il en résulte ainsi un risque de coma, voire de décès.

On peut observer dans certains cas l’apparition du syndrome de Korsakoff, qui représente un trouble neurologique ayant pour origine une carence en vitamine B1 (souvent corrélée à un alcoolisme chronique).

Un lien étroit entre dépression et alcoolisme chronique est désormais avéré, de plus le risque de dépendance s’accroît si la santé mentale est altérée et vulnérable.

En effet, l’alcool agit sur la libération de dopamine (neuromédiateur du plaisir) et donc peut induire un état de dépendance.

La dépendance à l’alcool représente actuellement 10% des adultes consommateurs en France. (Données Inserm)

En outre, il est indéniable qu’une consommation même dite « légère » d’alcool impact directement sur certaines zones du cerveau. Il en va de soi qu’une surconsommation chronique impact davantage et peut causer des dommages irréversibles.

effets de l'alcool
Source : https://www.santepubliquefrance.fr/

Conséquences sur le foie

Lors d’une ingestion d’alcool, l’éthanol est directement absorbé par le tube digestif. La majorité est conduit vers le foie afin d’être oxydé. L’éthanol est transformé en acétaldéhyde, métabolite très toxique.

D’un point de vue hépatique, la première conséquence est la stéatose, c’est-à-dire une accumulation de graisse dans les cellules du foie.

Si la consommation persiste, une inflammation s’installe, menant même à une nécrose (mort) des cellules hépatiques. On observe ainsi une fibrose autrement dit, un processus de formation de tissus cicatriciels.

La principale conséquence de la fibrose est la cirrhose, elle correspond à une modification du tissu hépatique qui devient dur.

La cirrhose est une pathologie fréquemment rencontrée chez les alcooliques, elle peut être à l’origine de la jaunisse ou plus gravement du cancer du foie.

La toxicité de l’alcool peut induire l’apparition d’une hépatite alcoolique aigue qui entraîne une mort cellulaire brutale et irréversible. Le risque de mortalité est accru, ainsi une abstinence totale d’alcool est impérative.

Maladies cardiovasculaires

L’impact de l’alcool sur les maladies cardiovasculaires et controversé. Il est vrai que certains prônent depuis longtemps les effets bénéfiques d’une consommation modérée, tandis que d’autres la discrimine en pointant les effets délétères sur la santé cardiovasculaire.

Une méta analyse de Ronksley dans le British medical journal étudie l’impact d’une consommation chronique d’alcool sur les maladies cardiovasculaires. Pour cela, il compare un groupe d’individu avec une consommation nulle d’alcool et un groupe d’individus consommant au plus 4.5 verres par jour. Les résultats mettent en évidence une diminution du risque de malades cardio-vasculaires chez les personnes consommant en moyenne 1.1 verre par jour d’alcool.

Ainsi « les petits buveurs chroniques » auraient 14 à 25% de chance de moins que les personnes abstinentes de développer une maladie cardiovasculaire.

L’alcool pourrait donc avoir un rôle protecteur. Cet effet protecteur peut s’expliquer par une augmentation du taux d’HDL en cas de consommation d’alcool. L’HDL cholesterol est ce qu’on appelle plus communément le « bon cholestérol ». Il permet d’empêcher l’accumulation des corps gras le long des parois des vaisseaux sanguins, et donc éviter leurs obstructions. De plus, les HDL permettent l’élimination du surplus de cholestérol dans les organes.

Cependant, d’autres études mettent en cause l’alcool comme facteur favorisant la survenue des maladies cardiovasculaires.

En excès et à long terme, l’alcool peut impacter la rigidité artérielle menant à une diminution des capacités de dilatation ou de contractions qui fluctuent habituellement selon la pression sanguine. On observe ainsi un risque d’AVC (accident vasculaire cérébral) ischémiques ou hémorragiques.

Dans certains cas, une augmentation du volume du cœur est parfois observée chez des gros consommateurs. Cet élargissement affaibli la circulation du sang au sein du cœur, c’est ce qu’on appelle une myocardiopathie dilatée.

Afin de préserver au mieux sa santé vasculaire, la consommation d’alcool doit être limitée et occasionnelle.

boire du vin entre amis

Cancer

L’alcool est considéré comme cancérigène puisque des études montrent qu’il serait responsable de 11% des cas de cancers chez les hommes et de 4.5% chez les femmes.

Une consommation chronique d’alcool a notamment un impact sur le développement de certains cancers : des voies aérodigestives, de l’œsophage, de l’estomac, du foie, du colon, et du sein.

L’acétaldéhyde, composé chimique issu de la transformation de l’alcool lors des processus de digestion est toxique lorsque sa concentration devient trop importante. Il est en partie responsable de la survenue des cancers, notamment du foie et du sein.

Lorsque la consommation d’alcool est corrélée à celle du tabac, alors, les effets pour la santé sont catastrophiques. Le risque de développement d’un cancer des voies aérodigestives supérieures est accru puisque les effets enter le tabac et l’alcool sont synergiques.

Il est évident qu’il existe une méconnaissance sur les risques d’une surconsommation d’alcool. La santé publique met désormais un point d’honneur à informer la population par des messages et campagnes de prévention. Cependant, est-ce réellement suffisant ?

En 2013, le chiffre d’affaires de la filière alcool se rapprochait des 22 millions d’euros. Au-delà d’un marché économique, l’alcool représente une véritable tradition française, notamment grâce au domaine viticole.

Entre économie et tradition, l’alcool est un symbole omniprésent lors des événements sociaux et marquants de nos vies. L’alcool est un facteur social, culturel, et nocif.

La prévention et l’éducation liées à la consommation d’alcool doit se faire de manière systématique dès le plus jeune âge.

Ainsi, il ne s’agit donc pas de bannir l’alcool de nos habitudes alimentaires, mais d’en modifier notre consommation.

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