Troubles digestifs : et si c’était le syndrome de l’intestin irritable ?

Qu’est-ce que le syndrome de l’intestin irritable ?

Autrement appelé colopathie fonctionnelle, le syndrome de l’intestin irritable est une pathologie fréquente dans la population mais souvent méconnue et sous-estimée. En effet, 10 à 20 % de la population française semble être victime de cette maladie mais seulement 15 % des personnes atteintes consultent leur médecin à ce sujet.

Cette pathologie se caractérise par les symptômes suivants (selon les critères du ROME IV) :

Douleur abdominale présente depuis au moins 6 mois et survenant au moins 1 jour/semaine durant les 3 derniers mois. Au moins 2 des critères suivants doivent être associés à la douleur :

  • Relation entre douleur et défécation ;
  • Modification de la fréquence des selles : constipation dans le cas d’un syndrome de type C, diarrhées dans le cas d’un syndrome de type D et alternance des 2 dans le cas d’un syndrome de type mixte ;
  • Modification de la texture des selles.

Si vous souffrez d’un de ces symptômes, il est conseillé d’en parler à votre médecin généraliste ou à un gastroentérologue pour éliminer d’autres pathologies.

Cette maladie peut être très handicapante et inconfortable au quotidien en ayant un impact aussi bien sur la sphère sociale que professionnelle des patients qui en souffrent.

Or, l’alimentation a un rôle très important et peut soulager au moins 50 % des symptômes chez 75 à 80 % des patients.

salade de fruits

Le rôle de l’alimentation

La Monash University, université australienne et référence dans les recherches sur le syndrome de l’intestin irritable a découvert le rôle essentiel de l’alimentation dans la prise en charge de cette maladie.

En effet, elle a découvert que certains sucres, non métabolisés et mal absorbés dans l’intestin, vont provoquer une distension intestinale en attirant de l’eau et en provoquant rapidement la formation de gaz lorsqu’ils sont fermentés par les bactéries intestinales. Cela va alors provoquer douleurs, ballonnements, spasmes… et troubles du transit. Le plus souvent ces symptômes apparaissent dans les 30 minutes à 2 heures après la prise du ou des aliments non tolérés.

Ces sucres sont appelés FODMAPs pour :

  • F = Fermentable ;
  • O = Oligo. Plus connus sous le nom de fructanes et galactanes ;
  • D = Di. Plus connu sous le nom de lactose ;
  • M = Monosaccharides. Plus connu sous le nom de fructose ;
  • A = And ;
  • P = Polyols qui sont le xylitol, maltitol, mannitol et sorbitol.

Le protocole proposé par le centre de recherche se déroule en 3 phases :

  • Une phase d’éviction qui consiste à réduire de manière importante tous les aliments riches en FODMAPs ;
  • Une phase de réintroduction progressive où les aliments riches en FODMAPs sont réintroduits un par un afin de mettre en évidence les tolérances et sensibilités individuelles de chacun ;
  • Une phase de croisière avec l’éviction des seuls aliments responsables des troubles.

Où trouver ces sucres ?

Ces sucres peuvent se trouver dans certains légumes, fruits, féculents ou fruits oléagineux.

C’est pour cela qu’il est important de vous faire accompagner par un professionnel dans la mise en place de ce protocole pour éviter tout risque de carence.

Il ne concerne pas les matières grasses (beurre, huiles, margarines…) ni les aliments protéinés : œufs, viandes, poissons qui ne contiennent pas ou peu de glucides.

Concernant les différents sucres :

  • Le fructane se trouve principalement dans des céréales telles que l’orge, le seigle et le blé et également dans certains légumes comme les asperges, les artichauts, les oignons et les topinambours ou encore dans le chocolat.
  • Le galactane se trouve principalement dans les légumineuses (pois chiches, haricots rouges, lentilles…).
  • Le lactose est contenu dans le lait, le fromage blanc, la crème fraîche. Les yaourts sont généralement mieux tolérés. Enfin, la plupart des fromages contiennent peu ou pas de lactose, ils sont donc bien tolérés.
  • Les polyols, également appelés « sucres alcooliques », sont surtout présents dans les produits industriels « sans sucres » comme les chewing-gums et les bonbons. La plupart des fruits à noyaux tels que les cerises, abricots, pêches, prunes… et certains légumes comme le chou-fleur et les champignons sont également riches en polyols.
  • Le fructose se trouve principalement dans les fruits tels que les pommes, les poires, la mangue ou la pastèque et également dans le miel et le sirop d’agave.
poire

De nombreux aliments sont également pauvres en FODMAPs et cela dans chaque famille d’aliments.

En voici une liste non exhaustive :

  • fruits : les agrumes comme les oranges et les mandarines ou encore certains fruits rouges comme la fraise et la framboise.
  • légumes : aubergine, carotte, haricots verts, laitue…
  • Féculents : riz, quinoa, pommes de terre…
  • Produits laitiers : les fromages, les produits sans lactose…

Si vous suspectez un syndrome de l’intestin irritable, ce protocole est donc tout à fait accessible en étant accompagné par un professionnel formé.

Pour vous aider en complément

Différentes gammes de probiotiques spécifiques au syndrome de l’intestin irritable sont disponibles en pharmacie. Ils sont souvent à prendre en cure de 20 jours, à distance des repas.

De plus, des infusions digestives peuvent aider à soulager les symptômes tout comme des huiles essentielles à prendre par voie orale ou en massage. Attention à la camomille et au fenouil souvent présents dans les mélanges de tisanes de type « digestion légère » qui sont riches en FODMAPs et peuvent donc aggraver les symptômes.

Enfin, il a été montré le lien entre stress et syndrome de l’intestin irritable. Il est donc souvent nécessaire de travailler sur ce point. Les techniques d’hypnose et d’auto-hypnose ont montré leur efficacité pour cette pathologie.

En conclusion, la prise en charge de cette maladie a pour but de soulager des symptômes inconfortables et se porte sur 4 points :

  • Une alimentation adaptée à ses seuils de tolérance ;
  • Un apprentissage pour mieux tolérer le stress ;
  • De la micronutrition en complément ;
  • Un accompagnement médical et médicamenteux en soutien quand les symptômes restants ne sont pas soulagés.

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