Comprendre les résistances à l’amaigrissement grâce à la micronutrition

« Prenez soin de votre corps. C’est le seul endroit que vous avez pour vivre »

Jim Rohn

La nutrition s’impose comme un enjeu majeur de santé publique. Pourtant, malgré le lancement du 4ème PNNS (Programme National Nutrition Santé), l’obésité ne cesse de progresser. Elle nécessite une éducation diététique, une remise en mouvement et un suivi médical adapté. Malheureusement, le « régime miracle » n’existe pas et nombreuses sont les personnes qui ont tout essayé pour perdre leurs kilos, avec pour seuls résultats : frustration et déception… Et pour cause, nous sommes tous différents, dans notre culture alimentaire, notre patrimoine génétique, notre métabolisme et notre personnalité. Et s’il était possible de regarder le problème sous un autre angle ? C’est ce que propose la micronutrition avec une prise en charge personnalisée.

En quoi la micronutrition est-elle efficace dans l’amaigrissement ?

La micronutrition vient compléter la prise en charge diététique en étudiant le rôle des micronutriments (vitamines, minéraux, oligo-éléments, acides gras essentiels, probiotiques) et leurs impacts bénéfiques sur le bon fonctionnementde l’organisme.

Grâce à des questionnaires ciblés, il est possible d’identifier les freins qui empêchent de maigrir et d’établir une prise en charge spécifique selon 4 profils distincts :

  • Le profil « digestif »
  • Le profil « neuromédiateurs »
  • Le profil « déficits en micronutriments »
  • Le profil « cardio-métabolique »

Description des 4 profils 

Le profil digestif

Il concerne les patients évoquant des troubles digestifs de type ballonnements, maux de ventre, brûlures d’estomac, troubles du transit… mais également des signes extra-digestifs en cas d’hyperperméabilté intestinale (douleurs ostéo-articulaires, problèmes cutanés, fatigue chronique, migraine…). La muqueuse intestinale agit comme un filtre qui permet l’assimilation des nutriments – micronutriments et évite le passage de substances non désirables.

Le frein identifié pour ce profil est une perturbation de l’écosystème intestinal, regroupant la muqueuse intestinale, le microbiote intestinal et le système immunitaire. Considéré comme second cerveau, la manière dont nous mangeons impacte directement la digestion. Le stress et l’insuffisance de mastication alourdissent le travail digestif, mais perturbent également notre microbiote intestinal. Celui-ci est composé de 100 000 milliards de bactéries (soit 10 fois plus que nos cellules) qui vivent en parfaite symbiose avec notre organisme. Différentes études ont mis en évidence que les personnes en surpoids avaient un microbiote « plus pauvre » en certaines espèces bactériennes actives dans la dépense énergétique et « plus riche » en d’autres qui augmentent l’assimilation des aliments, donc le développement de la masse grasse.

Le profil neuromédiateurs

Il regroupe les individus vulnérables au stress, ceux qui ont fait plusieurs régimes et qui « craquent » pour du sucré vers 17h, les patients qui se plaignent d’irritabilité ou de fatigue matinale compensée par des stimulants (café, cola…).

Le frein identifié est un possible dérèglement dans la production des neuromédiateurs.

Les neuromédiateurs sont des substances chimiques qui agissent comme des messagers entre 2 cellules nerveuses. Au niveau cérébral, 3 d’entre eux agissent sur notre comportement, nos humeurs, nos pensées et nos actions : la dopamine (« starter »), la noradrénaline (« accélérateur ») et la sérotonine (« frein »). La synthèse de ces molécules nécessite la présence de protéines issues de l’alimentation et de cofacteurs (vitamines B, magnésium, fer, la vitamine C…). Tout déséquilibre de ces neurotransmetteurs peut freiner la perte de poids: un manque de dopamine peut altérer la motivation à suivre des objectifs diététiques ; la noradrénaline participe à l’observance au long court ; et enfin, les grignotages sucrés, l’irritabilité, sont le signe d’un manque de sérotonine, l’hormone de la sérénité.

Le profil déficits en micronutriments 

Ce groupe évoque souvent une fatigue, un sentiment d’être « vidé physiquement », les paupières qui sautent, une peau sèche…

Notre alimentation moderne est aujourd’hui de moins bonne qualité et peu diversifiée en raison de l’industrialisation (pesticides, raffinage, additifs…) et de notre mode de vie (consommation d’alcool, tabac, stress…). Plusieurs études ont démontré une baisse de la densité micronutrionnelle des aliments, notamment en fer, magnésium, vitamines B, iode, omégas 3…au profit de « calories vides » (sous forme de sucre et de graisses, de sel, d’aliments transformés ou de sodas). La résistance à la perte de poids avec un déficit micronutritionnel est plus présente chez les femmes en raison de leurs habitudes alimentaires (restriction calorique, aliments « light », régimes répétés… pour atteindre un idéal minceur) et de leurs besoins augmentés lors des grossesses, notamment si leur statut en micronutriments est déjà bas au départ. Certains micronutriments (entre autres l’iode, les omégas 3) agissent directement sur les mécanismes qui contrôlent notre poids.

Le jus de noni est efficace contre la fatigue

Le profil cardio-métabolique

Il concerne les personnes qui ont tendance à avoir de la graisse localisée au niveau du ventre, des antécédents de diabète ou qui prennent rapidement du poids à l’arrêt du sport.

Le frein identifié pour ce profil est un possible trouble du métabolisme des sucres et une résistance de l’organisme à l’insuline. L’insuline est une hormone de mise en réserve produite par le pancréas qui intervient après le repas pour faire rentrer les graisses dans le tissu adipeux, les sucres et les protéines dans les muscles. Il est intéressant de noter que le tissu adipeux intervient dans la régulation de la prise de nourriture grâce à des hormones qui stimulent la faim et la satiété. Or, si les sensations alimentaires sont perturbées, si les personnes ont tendance à grignoter toute la journée, le pancréas sera plus sollicité. Il va augmenter sa production d’insuline en réponse, mais si la situation se prolonge, les cellules cibles y seront moins sensibles. D’autres sont prédisposées génétiquement à la résistance à l’insuline. Dans tous les cas, l’équilibre est rompu, les sucres en excès sont stockés directement sous forme de graisse et le déstockage au niveau du tissu adipeux est bloqué. D’autres facteurs peuvent aggraver la situation au niveau du tissu adipeux comme les perturbateurs endocriniens ou le stress.

La prise en charge micronutritionnelle

La prise en charge du patient en surpoids passe en premier lieu par une correction de l’assiette avec un modèle alimentaire d’inspiration crétoise adapté selon le profil du patient. Il est également possible de proposer des compléments alimentaires ciblés qui vont agir en synergie.

Si vous souhaitez en savoir plus ou si vous avez besoin d’un accompagnement, n’hésitez pas à prendre contact avec un professionnel de santé spécialisé en micronutrition.

Sources :

  • Hélène Lemaire, Réguler son comportement alimentaire, Maigrir sain sans faire de régime, Editions Prat, 2014, 267 pages.
  • Dr Didier Chos et Dr Laurence Benedetti, Maigrir intelligent et si tout venait de l’intestin notre deuxième cerveau ? Editions Albin Michel, 2015, 347 pages.
  • Pierre Van Vlodorp, Véronique Liesse et Magali Castro, Les erreurs qui vous empêchent de maigrir, Editions Alpen, 2017, 303 pages.
  • Dr Didier Chos et Dr Laurence Benedetti, Echos de la micronutrition n°54 : Microbiotes, mes amis pour la vie !, www.iedm.asso.fr
  • Dr Didier CHOS, Résistances à l’amaigrissement, SANTÉ INTÉGRATIVE N°9 – Mai/Juin 2009, http://www.iedm.asso.fr/Point-de-vue-des-experts.
  • Dr Didier CHOS et Dr Laurence Benedetti, Maigrir avec la micronutrition, Edition First 2010, 272 pages.

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