L’appétit, c’est biologique ou psychologique ?

[Article mis à jour le 02/10/2023]

Qui n’a jamais entendu le fameux : « À taaaable » !

Qui suis-je et quelles sont mes ambitions ?

Je m’appelle Lucie, maman Normande installée dans la région nantaise depuis une dizaine d’années. Avec la naissance de mes enfants, j’ai pris et gardé quelques kilos en trop. Désireuse de retrouver ma forme d’avant grossesse, j’ai alors commencé à m’intéresser à la nutrition. Jusqu’en 2016, où je me décide enfin de partager mon expérience en lançant le magazine CheckFood, pour que vous puissiez aussi en profiter.
Aujourd’hui, le site a grandi et je suis accompagnée d’une belle équipe composée de diététiciennes et de coachs sportifs. Ces experts sont là pour vous guider vers une alimentation plus saine et équilibrée.

Les informations sont-elles vérifiées ?

Les articles que vous lisez sont rédigés par l’équipe de nutritionniste qualifiée et expérimentée avec laquelle je correspond régulièrement. Les informations que vous retrouvez dans nos rédactions sont destinées à vous aider dans votre quotidien et vous guider dans votre nutrition. En revanche, n’hésitez pas à consulter un professionnel de la santé avant de prendre des décisions.
Retrouvez chacune de nos diététiciennes juste ici !

Petit déjeuner, déjeuner, collation ou dîner sont rythmés selon un tempo bien précis dont le métronome est régulier, stable, sans surprise. Il est midi, c’est l’heure de manger, à 20h on dîne, que l’on ait faim ou pas.

Mais questionne-t-on jamais son appétit ? Sa faim ? Son envie de manger ? Au fil de cet article je voudrais vous amener à vous interroger sur vous, vos sensations alimentaires ainsi que vos besoins propres. L’appétit ça vient d’où ? C’est biologie ou psychologique ? Doit-on avoir faim à l’heure des repas ?

Les hormones en jeux dans la sensation de faim

La régulation de la faim est un processus qui met en jeu diverses hormones agissant en harmonie. Les deux principales hormones impliquées dans la régulation de la faim sont la ghréline et la leptine.

  • La ghréline, souvent appelée « hormone de la faim » est produite principalement par l’estomac et stimule l’appétit. Ses niveaux augmentent avant les repas et diminuent après avoir mangé, déclenchant ainsi la sensation de faim et l’envie de se nourrir.
  • La leptine, souvent appelée « hormone de la satiété » est produite par les cellules adipeuses (graisses) et régule la quantité de graisses stockées dans le corps. La leptine agit en voyant un signal au cerveau pour réduire l’appétit lorsque les réserves de graisse sont suffisantes.

D’autres hormones jouent également un rôle dans la régulation de la faim et de l’appétit. L’insuline, par exemple, régule la glycémie (le taux de sucre sanguin) en contrôlant l’entrée du glucose dans les cellules. Lorsque les niveaux d’insuline sont élevés après un repas, cela peut contribuer à la sensation de satiété.

N’oublions pas les hormones liées au stress, comme le cortisol qui peuvent influencer l’appétit.Le stress chronique peut perturber les signaux hormonaux, entraînant des comportements alimentaires inappropriés (manger lorsque l’on a pas faim, aller bien au delà de sa satiété ou encore le fait de manger ses émotions).

La faim et l’appétit sont régulés par ce réseau d’hormones. Elles agissent en coordination pour maintenir l’équilibre énergétique de votre corps en ajustant l’appétit en fonction des besoins métaboliques et des réserves de graisse.

manger en tant que besoin psychologique

L’alimentation émotionnelle 

L’alimentation émotionnelle c’est la tendance à manger en réponse à des émotions plutôt qu’à la faim physique.

Le stress, l’ennui, la tristesse et l’anxiété peuvent influencer les choix alimentaires et conduire à une surconsommation de nourriture, souvent riche en calories et en sucres.
Lorsque la nourriture est utilisée pour faire face aux émotions, cela peut créer un cycle vicieux de comportements alimentaires. La nourriture devient un moyen de réconfort, de distraction ou de soulagement des émotions temporaires. Ces choix alimentaires conduisent systématiquement à des sentiments de culpabilité, de honte et de frustration par la suite.

La prise de conscience de ses habitudes alimentaires émotionnelles est essentielle pour les gérer de manière plus saine. Cela peut inclure la pratique de la pleine conscience, où l’on apprend à reconnaître les signaux de faim et de satiété réels ainsi que les émotions qui déclenchent la surconsommation.

Comprendre son alimentation émotionnelle implique également de développer des stratégies de gestion des émotions alternatives telles que l’exercice physique, la méditation, apprendre à communiquer sur ses ressentis ou tout simplement avoir des activités agréables. L’idée est de trouver un exutoire à vos émotions qui soit autre que la nourriture.

Les habitudes de vie, l’éducation en jeu

Le lien entre l’éducation et les habitudes alimentaires influence la manière dont chacun de nous prépare et consomme sa nourriture. L’éducation joue un rôle crucial dans la formation des préférences alimentaires et des comportements liés à l’alimentation.
Cela influencera l’intensité du goût, la perception des saveurs, le goût de la nouveauté ou encore les comportements alimentaires.

Une éducation nutritionnelle précoce peut aider à établir des bases solides pour des habitudes alimentaires saines. Les enfants qui sont exposés à une variété alimentaire dès leur plus jeune âge ont tendance à développer des préférences plus saines à long terme.
De plus, une compréhension de base de la nutrition peut aider les individus à faire des choix alimentaires informés tout au long de leur vie (je parle ici d’équilibre alimentaire, association d’aliments,…).

Cependant, le lien est complexe car d’autres facteurs sociaux, économiques et culturels peuvent également influencer les habitudes alimentaires. Les environnements alimentaires, les normes sociales et les contraintes financières peuvent tous jouer un rôle majeur dans le choix alimentaire.

faim psychologique

Redevenir cet enfant que nous étions !

Le rapport intuitif à l’alimentation signifie la capacité naturelle de comprendre et de répondre aux signaux internes du corps en ce qui concerne la faim, la satiété et les préférences alimentaires. Chez les enfants ce rapport intuitif est souvent plus fort car ils sont généralement plus en phase avec leurs sensations corporelles (non concernés par l’image corporelle idéalisée de notre société par exemple).

Les enfants ont cette capacité à manger lorsque leur corps le demande et à arrêter de manger lorsqu’ils sont rassasiés. Les plus jeunes ont tendance à écouter leurs sensations alimentaires naturellement, sans suranalyser leur alimentation. Un enfant peut refuser de manger même si ses parents l’encouragent s’il n’a pas faim.

Attention, ce rapport intuitif peut être influencé négativement par des facteurs extérieurs tels que des incitations à finir son assiette, des restrictions alimentaires rigides ou des messages négatifs sur le corps et l’alimentation. Ces influences peuvent perturber la capacité naturelle de l’enfant à écouter son corps et peuvent conduire à des habitudes alimentaires moins saines qu’ils garderont à l’âge adulte.

Je vous invite à redécouvrir ce rapport intuitif à l’alimentation qui implique de vous créer un environnement favorable où les signaux corporels seront respectés, où l’attention est portée sur le plaisir de manger et où l’accent est mis sur la variété et l’équilibre plutôt que sur des règles strictes. 

Je vous encourage à écouter votre corps et à développer une relation positive avec la nourriture ce qui favorise des habitudes alimentaires saines et durables pour votre avenir.

Vous l’aurez donc compris, l’appétit est de l’ordre biologique aussi bien que psychologique. Vous avez les cartes en mains pour renouer avec ces sensations alimentaires, à vous de jouer !