Ce que je pense des régimes par Laurence Huwig

Que signifie « faire un régime » ?

Selon le dictionnaire Larousse, dans le cadre de l’alimentation, le mot « régime » peut correspondre à 2 définitions : 

  1. Ensemble de prescriptions concernant les aliments et destinées à maintenir ou à rétablir la santé : ex : régime végétarien, régime sans gluten…
  2. Conduite alimentaire caractérisée par des restrictions : Suivre un régime.

Pour la population générale, le mot « régime » fait surtout référence à la seconde définition.

Restriction signifie alors : 

  • Limiter ses apports énergétiques pour aller vers une alimentation hypocalorique (faible en calorie) donc inférieure à ses besoins afin de forcer le corps à aller puiser dans ses réserves.
  • Limiter voire s’interdire la consommation de certains aliments considérés comme favorisant la prise de poids tels que les matières grasses et les produits sucrés.
  • Quels impacts ?

Le risque d’effet yoyo 

Si j’apporte moins d’énergie que mon corps n’a besoin, il va d’abord puiser dans ses réserves. Cependant, au bout d’un moment, afin de maintenir ses réserves vitales et de ne pas trop le mettre en danger, il va diminuer ses dépenses énergétiques et notamment sa dépense énergétique de repos, c’est ce qu’on appelle une baisse du métabolisme de base. La perte de poids va alors s’arrêter.

La perte de poids s’arrêtant, je me contrôle davantage et je risque de diminuer encore davantage mon métabolisme de base. 

Au bout d’un moment, je perds le contrôle, j’arrête mon régime et je reprends une alimentation comme auparavant, voire je mange plus qu’avant car je récupère des frustrations engendrées par le régime. Or, si je reviens à mon ancien apport calorique sur un métabolisme de base qui a diminué, je reprends tout le poids perdu voire plus car mon corps peut avoir tendance à créer de nouvelles réserves afin de le préparer à la prochaine période de restriction et de régime.

Ainsi, à chaque régime, je risque de perdre de moins en moins de poids et d’en reprendre plus à chaque fois davantage.

Le risque de carence en nutriments

Qui dit carence énergétique, dit également carence en nutriments. 

Par exemple, si je limite les matières grasses, je risque des carences en omégas 3, graisses indispensables à mon cerveau, ou encore en vitamines A, E, K et D qui sont des vitamines uniquement solubles dans les graisses.

Le risque de développer une restriction cognitive et l’apparition d’aliments tabous

La restriction cognitive est l’intention de contrôler ses apports caloriques en s’imposant un ensemble d’obligations et d’interdictions alimentaires dans le but de maigrir ou ne pas grossir. Cela implique alors de mettre en place un contrôle mental qui va nous détourner de notre régulation physiologique et de nos besoins qu’ils soient pour notre corps ou pour nous faire plaisir.  Cela risque ainsi de nous faire classer les aliments en « bons » ou « mauvais » ou « qui font grossir ou maigrir ».

Nous raisonnons alors de manière mentale et non plus selon les besoins du corps ou du cœur et risquons d’engendrer des restrictions et des frustrations.

Le risque de développer des troubles du comportement alimentaire

Les troubles des conduites alimentaires débutent très souvent par une phase de restriction volontaire et contrôlée, c’est-à-dire un régime ! Cependant, ce qui est volontaire au départ va ensuite être contrôlé par le trouble et la maladie prend le dessus.

Chez certaines personnes, la restriction peut engendrer un besoin de contrôle extrême jusqu’à l’anorexie mentale.

Chez d’autres, elle peut entraîner un risque important de développer des crises d’hyperphagie ou de boulimie. En effet, le corps est tellement en déficit de calories qu’il va alors chercher à compenser ce manque par des prises importantes de nourriture. Les conduites restrictives refaisant leur apparition après les crises, le cercle vicieux restriction – crises de boulimie se met en place.

Alors comment perdre du poids sans avoir recours à un régime ?

Les conduites alimentaires et le poids se régulent par le principe d’homéostasie, c’est-à-dire des processus de régulation par lequel l’organisme maintient ses différentes constantes pour conserver un état d’équilibre.

régime

En répondant à mes besoins énergétiques

Lorsque nous sommes en déficit calorique, que notre glycémie diminue ou encore que notre taux de masse grasse diminue en dessous de notre seuil d’équilibre, notre corps nous envoie des signaux de faim afin de lui apporter de l’énergie et les nutriments nécessaires. 

Lorsque nous avons apporté l’énergie nécessaire aux besoins de notre organisme, notre corps nous envoie des signaux afin de stopper notre prise alimentaire : c’est le rassasiement. Il passe notamment par la baisse du plaisir gustatif.

Ainsi, en mangeant lorsque j’ai faim et en stoppant ma prise alimentaire lorsque je suis rassasié, cela signifie que j’ai fourni l’énergie nécessaire à mon corps.

En répondant à mes besoins physiologiques

Afin de permettre à notre corps de bien fonctionner, nous devons lui fournir différents nutriments que ce soit sous forme de glucides, lipides et protéines et également sous forme de vitamines, minéraux, fibres… 

Pour cela, il est nécessaire d’avoir une alimentation variée contenant toutes les familles d’aliments comme par exemple, les aliments riches en protéines, les féculents, les fruits et légumes, les produits laitiers…

En répondant à mes besoins émotionnels

La nourriture que l’on ingère dégage des odeurs, délivre des saveurs… et nous allons opter par la prise de tel ou tel aliment selon le plaisir que celui-ci va nous procurer. Ainsi, la prise alimentaire joue un rôle sur notre bien-être et notre équilibre émotionnel. 

Lorsque nous ressentons une émotion pénible (tristesse, colère, frustration…), les envies de manger émotionnelles peuvent nous permettre de revenir à un équilibre émotionnel en diminuant l’inconfort émotionnel grâce à la prise d’un aliment qui nous procure du plaisir.

Respecter mon poids de santé

Lorsque mon corps est à l’équilibre entre mes différents besoins, je peux ainsi atteindre mon poids d’équilibre.

Attention : ce poids n’est pas forcément notre poids idéal ou celui que nous voulons peser, ce sera celui qui permettra à notre corps de bien fonctionner.

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